Pyramides

Pyramides
Les musulmans ont trop confiance dans leur armée pour attaquer les français pendant le débarquement. L'armée française, maintenant parfaitement organisée, se dirige vers le Caire où attendent les arabes mamelouks de Mourad Bey, leur chef. L'issu de la bataille, si elle est française, se conclura par la prise du Caire. Napoléon a bien étudié ces mamelouks : de fiers cavaliers, très puissants et habiles, des sabreurs implacables. La seule solution qui se présente est celle de la formation en carrés, méthode améliorée de l'armée romaine antique ! Un carré de 2000 hommes de côtés, répartis sur 5 lignes, trois mobiles et deux statiques, en soutien. La charge, pourtant rapide et puissance, se heurte contre ce mur de tirs et de boulets qui s'abat sur les pauvres cavaliers comme un éclair. Mourad Bey cherche à se replier, en bon ordre, et galvaniser ses troupes pour lancer une seconde attaque. Mais il avait oublié la présence du général Desaix au sud de ses positions. Les ennemis sont divisés et écrasés séparément, suivant la méthode chère à Napoléon. Le frère du général mamelouk, Ibrahim Bey, voyant la scène de l'autre côté, attend prudemment, puis ramène les fuyards après la bataille. La victoire est totale, et jamais Napoléon n'eut aussi peu de pertes : les français ont 40 morts et plus de trois cents blessés contre... 20 000 mamelouks tués, 10 000 blessés ou fait prisonniers. Mais une mauvaise nouvelle, survenue le 1er août, va ternir cette superbe aventure égyptienne...
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# Posté le dimanche 26 février 2006 12:34

Aboukir(navale)

Aboukir(navale)
Napoléon, après sa victoire aux Pyramides, continue son ascension au fin fond de l'Egypte, en remontant le Nil. Pendant ce temps, la flotte de débarquement reste campé à Aboukir, pensant s'y sentir en sécurité. Nelson, le grand amiral anglais, inefficace dans ces tentatives d'interception de la marine française, désire se rattraper. Il apprend que l'armada ennemie s'est posté près de l'îlot d'Aboukir. Il met tous ses bateaux en alerte, et prend le cap vers la côte...

Le 1er août 1798, quand l'amiral Brueys distingue au loin les navires britanniques, il sait que la partie est très mal engagée, et pour une bonne raison : tous ses marins sont à terre ! Il dompte la peur qui s'empare de lui, et donne les ordres nécessaires pour leur rapatriement à bord, car il sait que Nelson, son idole secret, veut en finir. Quand débute la bataille, presque tous les matelots sont présents sur les navires, mais déjà un autre problème déstabilise les français : leur puissance de feux est beaucoup moins importante que celle des anglais. Nelson décide d'attaquer l'ennemie sur leur flanc gauche. Il dispose ces navires de façon que deux navires abordent simultanément un navire français. De ce fait, certains bateaux de Brueys et de son adjoint Villeneuve sont inattaqués, mais l'amiral n'a pas donné les ordres suffisants pour que ces bateaux s'engagent dans l'affrontement. Déjà, en moins de trois heures, la moitié des navires français sont terriblement touchés, certains même, comme l'Orient, explosent. Les pertes sont incroyables : toute la flotte détruite, trois mille marins tués, et trois mille autres prisonniers. Villeneuve et Brueys parviennent à s'échapper en volant un navire anglais chargé d'une cargaison d'or provenant des Indes.

Napoléon perd don billet de retour dans cette bataille. Son armée est coincé ici, en Egypte. La seule solution est de remonter par la Syrie et par la Turquie.
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# Posté le lundi 27 février 2006 07:57

Mont thabor

Mont thabor
Napoléon Bonaparte, commandant en chef de l'armée d'Egypte, entraîne son armée vers la Syrie, pour détruire l'armée du pacha de Damas, et pour s'échapper vers le nord. Puis il décide de faire le siège de Saint-Jean-d'Acre, dont il connaît les inépuisables ressources qui se trouvent derrière ces murs, nécessaires pour sa progression.

Mais les habitants, galvanisés par le coupeur de têtes Djezzar Pacha, se défendent farouchement, et Napoléon n'arrive pas à percer ces défenses. Il envoie des petites troupes partout autour pour s'assurer de la progression de l'armée de Palestine, particulièrement redoutable. Junot, grand ami et excellent général de Bonaparte, est le commandant d'une petite unité dirigé vers Nazareth, ou il remporte une grande victoire sur l'avant-garde du pacha de Damas avec seulement cinq cents hommes. Mais il reçoit un message urgent de Kléber qui, lui, n'a pas eu autant de chances au Mont Thabor. Junot par sur le champ et rejoint son égal. Ils apprennent le 15 avril l'arrivée du corps d'armée du pacha, qui a une envie folle de se venger. Kléber adresse un message d'urgence à Napoléon. Et le lendemain, ce n'est pas moins de 25 000 turcs qui chargent les 2 500 français. Les deux généraux, prenant leur courage à deux mains, se battent héroïquement. Pendant six heures, ils vont tenir à un contre douze. La situation semble désespérée, et Kléber envisage de tenter une percée au nord avec les restes de sa troupe. Puis le canon tonne, des voix s'élèvent des montagnes. Junot exulte : le message est arrivée et Napoléon est déjà là. Comme par magie, les derniers cents hommes reprennent courage tandis que l'armée de Bonaparte enfonce les lignes turques avec furie. En une demi-heure, il n'y a plus d'armée de Palestine. Le pacha cherchera la mort, mais aura l'humiliation d'être fait prisonnier.

La bataille du Mont Thabor n'a aucune incidence directe sur le reste de la campagne, car elle ne fera pas tomber Saint-Jean-d'Acre. Elle effacera cependant toutes menaces arabes jusqu'à la bataille d'Aboukir...
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# Posté le lundi 27 février 2006 08:00

Aboukir(terrestre)

Aboukir(terrestre)
Napoléon Bonaparte a échoué dans sa tentative du siège de Saint-Jean-d'Acre. Pleins de rêves et d'ambitions (il aurait souhaité devenir Empereur d'Orient), il doit revenir à la triste réalité, et battre en retraite. Et l'opposition renaît, comme un mal incurable qui s'empare du corps de son armée ; et ce virus à un nom : l'Angleterre. Elle est toujours derrière les mauvais coups, et pousse les sultans de la région à prendre les armes. Malheureusement pour eux, les chefs arabes n'ont pas oublié la défaite du Mont Thabor (entre autres...) de leur égal et néanmoins adversaire, le pacha de Damas. Jusqu'à preuves du contraire, ils n'ont pas perdu la tête, et se contentent de jouer un rôle pacifiquement neutre. Mais c'est le pacha de Damas lui-même qui veut reprendre le combat. La haine qu 'ils vouent maintenant pour les français est incalculable, et il comptent chasser ces "infidèles" et mener à bien cette véritable croisade arabe...

Une flotte immense, anglaise bien sûr (il n'y a plus qu'eux dans le secteur), se ruent sur la presqu'île d'Aboukir, tenu par une petite garnison de trois cents hommes dirigés par le chef de bataillon Godart. Ce n'est pas moins de 15 000 hommes qui débarquent sur la plage et attaquent le pauvre bataillon oublié. Oublié, en effet, car Napoléon est présent mais ne bouge pas ! Il envoie trois cents autres hommes en soutien (pour faire bonnes figures devant des officiers atterrés de tant de calme devant une boucherie pareille), commandés par Marmont, qui se font battre à plat de coutures. N'oublions pas que ces hommes ont vécu un véritable martyr, se battant à un contre soixante. Les bateaux anglais, toujours dirigés d'une main de maître par l'infatigable Nelson, pilonne les positions françaises. Napoléon est cerné de toutes parts, et envoie des petits ordres inutiles qui ne changent rien à la situation. Bientôt, la presqu'île a changé de camp, les étendards turcs flottant sur les bastions pris aux français. Napoléon a envoyé ses ordres partout en Egypte pour rapatrier le plus de troupes possibles. Quand le gros de l'armée d'Egypte est là, il met en place son plan d'attaque : il place Lannes à sa droite, Kléber au centre, Desaix et Murat à gauche, et Davout derrière, en réserve. L'attaque est lancée le 25 juillet, à midi. Il place son artillerie et repousse les navires anglais de Nelson. L'appuis naval des Turcs du Pacha est détruit, et Bonaparte peut se préparer en toute tranquillité à refouler les Turcs. Mais leur résistance est inattendue, farouche à souhait. Desaix piétine, Murat n'ose pas trop charger, vu la mitraille qui s'abat au-dessus de sa tête. Puis survient un évènement totalement loufoque, dramatique surtout, mais qui va provoquer un véritable déclic dans l'armée d'Egypte. Quand Desaix est revenu plus près de Napoléon pour attendre d'autres directives, le pacha sort avec ces hommes et coupe les têtes des soldats français, morts ou vifs ! Une haine, que dis-je, une rage s'empart des français, qui, sans ordre, se ruent vers les bastions et les prennent à la baïonnette. Les cavaliers de Murat ne peuvent plus se retenir et chargent sans aucune crainte les hommes du Pacha. Mais le dernier fort, complètement au bout de la bande de terre, résiste farouchement et Lannes butte. Mais l'oeil du cavalier l'emporte sur les yeux de l'artilleur, et Murat trouve la faille, suivi de tous ces cavaliers. Il sabre tout ce qui bouge. Il parvient devant le pacha de Damas et lui coupe trois doigts, et lui lance : "Si tu refais ça à mes soldats, je te le jure par Allah, je te couperai d'autres choses plus importantes..." (nous vous laissons le soin de devinez de quoi il s'agit). Le pacha ne recommencera pas, car on ne se figure pas comme il est difficile d'écrire une lettre de rassemblement général avec deux doigts !

La bataille terrestre d'Aboukir est éclatante, et finit une campagne d'Egypte déjà épatante par une apothéose. Bonaparte a confirmé ses talents de stratège, mais il apparaît aussi qu'il suffit d'un choc émotionnel de son armée pour soudain avoir l'impression qu'elle double de volume...
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# Posté le lundi 27 février 2006 08:01

18 brumaire

Malgré son échec, Bonaparte est accueilli par une acclamation générale lorsqu'il rentre dans son hôtel, rue de la Victoire. Tous les partis vinrent à lui, mais se proclamant national, son rêve était d'être porté par tous au pouvoir. Partout, on murmure contre le Directoire : la France, malgré toutes ses victoires militaires, est très mal en point ; la monnaie, par exemple, est au plus bas, les entreprises sont toutes en faillite et le monde agricole vit une crise désastreuse. Tout le monde sait, même les directeurs, que c'est un homme comme Napoléon qu'il faudrait à la tête de ce pays. Peut-être est-ce le moment, pensent-ils. Peut-être est-ce le moment, pense-t-il. Napoléon fixe la date de son coup d'état le 10 novembre. Un détachement de l'armée est là, prêt à le soutenir. Lucien, actuel président des Cinq-Cents, est confiant. Bonaparte ne dort pas dans la nuit du 9 au 10... Il se rend à l'Orangerie le lendemain, où siègent les députés des Assemblées. Napoléon sait que de ces hommes viendra le refus. Le Directoire, lui, est complètement dépassé, il se laisse abdiquer. Déjà, les voix s'élèvent, puissantes : "Ah, scélérat, gredin ! Est-ce pour ça que tu as vaincu ?" Ces paroles lui glacent le sang. Tout est perdu. Mais Lucien, son frère qu'il a vu grandir, qu'il a lui-même éduqué, est d'un sang-froid déconcertant. Superbe, il s'écrit : "Foutez-moi ces gens-là dehors !". Sieyes calme le jeu, essaie de sauver la mise. Vers minuit, la situation se détend. A une heure du matin, le 18 Brumaire an VIII, Napoléon Bonaparte est Premier Consul de France. Il dirige le pouvoir exécutif et est chef des armées. Il est le maître de la France, le chef de tous les français.


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# Posté le lundi 27 février 2006 08:13