1799-1800

1799-1800
L'homme était au pouvoir, mais il n'y semblait pas assis. Il ne le fut que du jour où la Constitution donnée à l'Etat était approuvée par la Nation : elle le fut, le 18 pluviôse an VIII, par plus de trois millions de voix contre 1562. Les consuls définitifs, dont la nomination était par le même plébiscite, confirmée, étaient avec Bonaparte proclamé Premier Consul et vrai chef du pouvoir exécutif, deux hommes précieux mais peu gênants pour lui, Cambacérès pour le pouvoir législatif et Lebrun pour le pouvoir judiciaire. Aussitôt, il se mettait à l'oeuvre de restauration qu'il entendait appuyer sur la réconciliation des français. Il fallait bâtir de toutes pièces un gouvernement et une administration, car tout était, depuis 1794, anarchie et désordre. Peuplant le Conseil d'Etat d'hommes compétents et laborieux, s'éclairant de leurs lumières et s'appuyant de leur autorité, préparait en quelques semaines avec eux les lois d'urgence qui seraient portées devant les assemblées, Tribunat et Corps législatif. Si, dans les premiers jours, une opposition paraissait se créer au sein de ces assemblées, l'opinion s'en montrait si irritée, que cette opposition était bien réduite à peu, et c'est ainsi qu'en quelques mois, le Premier Consul leur faisait agréer les projets qui, convertis en lois du 28 pluviôse et du 27 ventôse, constituaient les premières assises du "monument de l'an VIII" : élevé depuis quelques temps, celui-ci devait, sous des régimes si divers, traverser un siècle et demi : préfectures et sous-préfectures auxquelles l'administration communale était subordonnée, nouveau système judiciaire, fortement hiérarchisé, administration financière pourvue aussitôt de tous ses rouages. On attendait alors de Bonaparte l'ordre d'une loi sévère : la France rurale, devenue une France militaire, voulait le respect des "conquêtes" de la Révolution, particulièrement des "biens nationaux". En dictant très rapidement à Daunau les 95 articles de la nouvelle Constitution, Bonaparte entendait montrer qu'il ne s'attarderait pas aux discussions juridiques. D'entrée de jeu, il écartait Sieyès du pouvoir. Trois consuls nommés par le Sénat restaient en charge pendant dix ans, mais les trois premiers seraient désignés par la Constitution, c'est-à-dire par lui-même. Bonaparte avait alors le droit de guerre et de paix, il nommait aux emplois civils et militaires, il avait l'initiative des lois. L'Eglise avait été laissée de côté. Avant de réformer, il fallait, dans le domaine religieux, pacifier, apaiser les esprits. Dès le début de 1800, l'insurrection de l'Ouest fut de nouveau maîtrisée. Le Premier Consul fit rendre aux émigrés les biens qui n'avaient pas été vendus, et beaucoup choisirent de rentrer en France. Une difficile négociation fut engagée avec le Pape, si mal traité par le Directoire, pour mettre fin au schisme de l'Eglise de France institué par le célèbre Robespierre ; l'abbé Bernier réussit, du côté français, à s'entendre avec le cardinal Consalvi. Le "Concordat" du 15 juillet 1801 scellait cet accord : la religion catholique était reconnue en France comme celle de la "grande majorité des Français". Son exercice était garantie, ses serviteurs rémunérés par l'Etat ; la France se divisait alors en soixante diocèses et dix archevêchés. La mission de réconciliation générale était alors terminée.

En pleine gloire, le 24 décembre 1800, Bonaparte avait été victime d'un attentat. La "Machine infernale" de la rue Saint-Nicaise aurait pu empêcher le vainqueur de Marengo de rétablir la paix. Il fallait, dit aussitôt Napoléon, renforcer le régime autoritaire, sans toutefois lui substituer la monarchie. Au début de 1802, le Premier Consul décida de se débarrasser des libéraux irréductibles, qui le raillaient dans les salons parisiens, le brocardaient à l'Institut de France, et gênaient le travail législatif. Il épura le Tribunat, qui était l'assemblée la plus remuante, en accusant les tribuns de jacobinisme.
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# Posté le lundi 27 février 2006 08:15

Marengo

Marengo
Napoléon Bonaparte, actuel Consul de France, est de nouveau inquiété par la guerre. Alors qu'il menait un long travail de réorganisation, Napoléon se voit encore menacé par l'Autriche (le vieil ennemi toujours debout) et l'Angleterre ("l'âme des coalitions"). Il dirige son armée vers les Vosges, et attaque en Suisse. La victoire de Zurich affole les Autrichiens. Ce Napoléon serait-il donc invincible ? Si seulement ils avaient pu voir la suite... Il passe le col du Grand-Saint-Bernard (comme Hannibal 2000 ans plus tôt). Il fond ensuite sur les autrichiens mais ne parvient pas à les écraser. On apprend que Masséna a capitulé à Gênes, en sauvant ces hommes c'est vrai, mais en perdant une place stratégique importante. Les autrichiens se "refont une santé" (selon Lannes, jamais avare de son franc-parler). Ce sont des troupes comme neuves qui se lancent à l'assaut à Marengo le 14 juin 1800, prenant en tenaille l'armée française...

Le canon tonne, réveillant les troupes françaises à huit heures. Celles-ci ont attendu patiemment près de San Guliano toute la nuit, et Napoléon fit la première grande erreur de sa carrière. Les lignes sont enfoncés, mais les français, galvanisés par un chef qui a compris l'issu de la bataille, tiennent bon. Il envoie des messages à ces armées disséminées partout en Italie. Napoléon, toujours seul, reprend confiance et enraye l'attaque autrichienne sur son flanc gauche. Mais voici qu'Ott, un général autrichien, attaque une nouvelle fois avec beaucoup plus de force. Napoléon n'aime pas ce genre de situation, mais donne la Garde consulaire. Celle-ci pourtant ne renverse en rien la situation. A une heure la situation se stabilise. Mais à trois heures, elle est critique pour les français. La bataille est maintenant perdue, tout le monde le sait. Lannes et Victor se replie. Mélas, très heureux de sa victoire contre Napoléon (cela faisait 4 ans qu'il l'attendait...) n'ordonne la poursuite qu'à partir de cinq heures de l'après-midi. La longue colonne autrichienne s'avance, et Bonaparte s'apprête à faire sonner la retraite. Soudain il aperçoit une troupe qui s'avance, oui, c'est bien Desaix ! L'homme de fer de l'armée a reçu le message de détresse de Napoléon, et rentre dans la bataille. Comme bons nombres de fois, les hommes vaincus se redressent et reprennent le combat sans se soucier de leurs souffrances. Le fier bataillon autrichien de poursuite n'est maintenant qu'un flot de soldats atterrés qui fuient le "feu des enfers" (c'est ainsi que Napoléon nomma l'artillerie de Desaix). Mais la victoire n'est pas encore vraiment à portée de sabres. La troupe du Consul a été fortement éprouvée, et il est difficile de reconstituer un semblant d'armée, et cela malgré les renforts. Mélas, hier vainqueur, est maintenant dans une mauvaise passe. Il sait en plus que sa victoire de la veille n'aura aucune percution si il perd celle-ci. Il envoie la colonne de Zachs contre les français. Le combat est d'une fureur absolue. Mais la charge de cavalerie de Kellermann (fils du futur maréchal) écrase les positions autrichiennes. Mélas, à son tour, fait sonner la retraite, et repasse la Bormida, avec 10 000 hommes en moins. Mais Bonaparte n'est pas fier de lui. Il a commit une série d'erreur qui ont, dans un certains sens, coûté la vie au général Desaix, héros posthume d'une victoire miraculeuse.

Encore une victoire qui aurait pu s'appeler défaite. Déjà Rivoli, mais ici, ce n'était qu'un concours de circonstances. Là, Bonaparte a fait des erreurs, impardonnables pour un homme de sa trempe. Néanmoins, cette victoire a mis fin à la deuxième coalition.

# Posté le lundi 27 février 2006 08:18

Modifié le mardi 17 juillet 2007 01:26

1800-1803

La paix d'Amiens, signé le 26 mars 1802 avec l'Angleterre, désarmait toute la coalition. Celle-ci était las de la guerre, tout comme la France. Le premier ministre Pitt transigea, et accepta la proposition de paix, abandonnant même l'île de Malte à Bonaparte. Après dix ans d'affrontements, l'Europe retrouvait une certaine sérénité...

Le moment parut opportun à ceux qui, depuis longtemps, y songeaient, pour appeler le pays à décerner à son "bienfaiteur" un pouvoir tout à la fois fort et durable. Il avait lui-même dit qu'il fallait, pour que le monument élevé devint stable, l'asseoir sur des bases les plus solides, "jeter sur le sol de France quelques masses de granit". La création de la Banque de France qui étaya le système financier, la restauration de l'enseignement public qui formerait les nouvelles générations, l'institution même de la Légion d'Honneur qui devait à tout jamais constituer une élite nouvelle dans la nation, avaient eu le même but : "asseoir le nouveau régime, issu de la Révolution". La nation française toute entière entendait que, de surcroît, l'autorité qui réglait le destin du Premier consul soit fortifié. Après bien des hésitations, Bonaparte s'y prêtait, et le pays, appelé à lui déférer le pouvoir à vie, avec le droit de désigner son successeur, le lui accorda par 3 568 885 voix, 500 000 voix de plus qu'au plébiscite de l'an VIII. Consul à vie ! L'homme ne voyait dans cet avenir assuré à son action qu'une conséquence : dans la paix comme dans la guerre, il devait travailler à assurer au peuple français une grandeur qui, maintenant, serait faite de sa prospérité. La France, sans nul doute, allait devenir la plus grande puissance du monde...

L'Angleterre s'en inquiétait. Le traité de paix n'avait jamais été considéré à Londres que comme une trêve, et la soudaine expansion économique de la France alarmait la City. La situation, tous les jours plus tendue, bientôt se rompait. Après une série d'incidents, le premier ministre Pitt présentait un ultimatum que, le 9 mai 1803, Bonaparte repoussait. Il commença à développer toute une immense flotte ; l'industrie maritime se reprit d'une magnificence grâce à cette directive. Tous les grands ports, du Nord principalement, travaillèrent à plein régime pour offrir à l'Etat français une armada de plus de 300 navires, du vaisseau d'appoint à celui de ligne. Bonaparte bâtit un camp d'entraînement à Boulogne, où ses hommes s'entraînèrent à la vie maritime pendant de nombreux mois. Dès lors, l'objectif était clair : Napoléon préparait l'envahissement pur et simple de l'Angleterre...
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# Posté le lundi 27 février 2006 15:27

La naissance d'un empire

La naissance d'un empire
Bonaparte commençait les préparatifs d'une descente en Angleterre. Celle-ci entendit à son tour user de tous les moyens pour prévenir alors le coup qui la menaçait. C'est à Londres que le grand chouan Georges Cadoudal préparait une révolution royaliste qui aurait pour prologue ce qu'il appelait "le coup essentiel", l'assassinat du Premier Consul ; c'est sous les auspices des ministres anglais que Cadoudal fut rapproché du général Pichegru, rallié depuis six ans aux Bourbons après avoir sauvé maintes et maintes fois la République, et qu'il entraîna avec lui à Paris ; ils essayèrent de faire entrer dans leurs complots d'autres généraux français de la République et s'assurèrent la complicité du plus illustre d'entre eux, le grand Moreau, jaloux de Napoléon (qui le lui rendait bien). On attendait, pour frapper Bonaparte, qu'un prince Bourbon, le comte d'Artois, fût à son tour, suivant la promesse faite, arrivé secrètement à Paris. Mais la police consulaire, très bien organisé, découvrit la manoeuvre : Cadoudal, Pichegru, Moreau et des fidèles du comte d'Artois furent arrêtés. Bonaparte était exaspéré : après tant de gloire et de renom, il ne pouvait se figurer que des personnes chercheraient sa mort. Sous l'impulsion de Talleyrand, il fit enlever à quelques pas de la frontière le duc d' Enghien, descendant des Condé, et donna l'ordre de le faire fusiller à Vincennes. On assura que Napoléon revint sur sa décision une heure avant le drame, mais il était trop tard. Triste page d'une histoire jusque-là glorieuse...

Il était clair désormais qu'il ne fallait pas compter sur Bonaparte pour rétablir la monarchie. Il avait versé le sang royal. Un membre du Tribunat proposa que Napoléon Bonaparte fût proclamé empereur des Français. Lazare Carnot protesta en vain, au nom de la République bafouée. Le sang du duc d'Enghien avait permis à Bonaparte de revêtir pompeusement la pourpre des Césars. Par "senatus consulte" du 18 mai 1804, "le gouvernement de la République est confié à l'empereur Napoléon". Une fois encore, on fait approuver par plébiscite la décision du Sénat. C'en était fini de la République, mais non de la Révolution : les institutions restaient en place, et les lois nouvelles confortaient la nouvelle société dans ses aspirations et dans ses conquêtes. Cambacérès, au nom du Sénat, proclame Napoléon "empereur des Français". Première décisions impériales : Joseph Bonaparte sera "grand électeur" et Louis, "connétable". Le lendemain, création des "maréchaux d'Empire" et premières prestations de serment. Mais ce n'est que deux mois plus tard que, pour la première fois, Leurs Majestés apparaissent au peuple dans tout l'appareil de la puissance et avec tout le cérémonial en train de s'élaborer. C'est à l'occasion de la prestation de serment des membres de la Légion d'Honneur. Arrivé aux Invalides après le Te Deum à Notre-Dame, Napoléon lit à haute voix la formule de serment et se fait attacher la décoration par le tout nouveau connétable Lucien, son frère. La cérémonie du Sacre, sans cesse différé en raison de contretemps à cause de Sa Sainteté Pie VII, n'aura lieu que le 2 décembre 1804. Ce jour-là, le 11 frimaire an XIII, Napoléon reçoit sa couronne de lauriers des mains du chef des chrétiens, et en pose une autre sur la tête de sa femme Joséphine, la première impératrice du Monde. L'Europe semblait un instant s'incliner et reconnaissait officiellement à Napoléon son titre majestueux.
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# Posté le lundi 27 février 2006 15:31

Boulogne

Aprés son sacre Napoléon veut absolument abattre l'Angleterre. Mais il apprend que son "magnifique" amiral Villeneuve se défile et ne veut affronter Nelson sous le prétexte que ses forces était trop fragiles. Mais 1 deuxième nouvelle va tout changer, les Anglais ont convaincu les Autrichiens et les Russes de lever 1 armée pour détruire la France. Changement de programmes, les 250 000 hommes de la Grande Armée font volte- face et marche sur l'Allemagne.
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# Posté le lundi 27 février 2006 15:53