Préparatifs de la bataille

Préparatifs de la bataille
La Grande Armée (180 000 hommes) envahit la Prusse, ayant pour objectif Berlin. L'avant-garde, sous les ordres du maréchal Lannes, repousse un corps prussien à Saalfeld le 10 octobre. Le prince Louis Ferdinand de Prusse, le neveu du grand Frédéric, y trouve la mort en combat singulier. L'armée prussienne résiste. La cavalerie de Murat est envoyée en reconnaissance dans la plaine de Leipzig, mais sans résultat. En fait, les Prussiens ont décidé de se replier vers le Nord, ne laissant sous les ordres de Hohenlohe qu'une forte arrière-garde à Iéna. Napoléon s'y dirige alors avec le gros de ses troupes. Il donne l'ordre à Davout de marcher sur Naumbourg, à une soixantaine de kilomètres au sud de Leipzig, pour prendre l'ennemi à revers et frapper ses arrières. Bernadotte est laissé en réserve, sur les hauteurs de Dornbourg, et doit prêter main-forte à Davout en cas de problèmes.
L'armée prussienne est divisée en deux colonnes : une sous le commandement de Brunswick, et l'autre sous les ordres de Hohenlohe avec 50 000 hommes et 120 canons. Ce dernier a pour but de protéger la retraite du premier. C'est le corps de Hohenlohe qui soutiendra l'affrontement avec Napoléon.
Les forces françaises comprennent le 4e corps de Soult, le 5e de Lannes, le 6e de Ney et le 7e d'Augereau (ces deux derniers sont incomplets au début de la bataille) et la garde impériale, soit 55 000 hommes. La réserve de cavalerie s'y ajoute, soit 10 000 hommes. L'artillerie comprend 173 canons. Le tout est commandé par Napoléon.
Le 13 octobre, à la tombée de la nuit, Lannes arrive devant Iéna, que les Prussiens viennent d'abandonner. La ville est ravagée par les incendies nés des pillages. Ce site convient mal pour une bataille rangée. Il s'agit d'une vallée très encaissée, entourée d'une dense forêt. À l'est, le plateau de Landgrafenberg atteint 350 mètres, mais les Prussiens ont négligé de le garder, estimant ses pentes infranchissables.
La légende raconte que c'est un prêtre saxon, n'admettant pas l'alliance forcée de son pays avec la Prusse, qui guida l'état-major de Lannes, par un sentier étroit et caillouteux, qui servait habituellement à conduire les chèvres jusqu'au sommet. Napoléon fit aussitôt armer ses bataillons de pics et de pelles pour élargir le passage afin de faire passer l'artillerie française, bloquée en bas du chemin. L'Empereur dirigeait lui-même l'opération, n'hésitant pas à encourager et aider ses soldats. Tout le centre était « massé » sur ce plateau, la poitrine de chaque homme touchant le dos du soldat placé devant lui. La seule route d'accès vers la vallée est bien gardée par les troupes saxonnes.
Napoléon improvise aussitôt une man½uvre inverse de celle d'Austerlitz : Il conquiert à l'insu de son ennemi un plateau qui lui assure une situation dominante. Il surplombe ainsi l'armée prussienne concentrée juste devant lui.
Image: duc de Brunswick
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# Posté le vendredi 25 avril 2008 18:06

La bataille d'Iéna

La bataille d'Iéna
L'armée française progresse, avec de gauche à droite, les corps d'Augereau, de Lannes, de Ney et enfin de Soult. La garde impériale est en retrait, entre Augereau et Lannes, ainsi que la cavalerie de Murat, placée à l'extrême droite. Par contre, l'armée prussienne entre en ordre de bataille, en deux colonnes parfaitement alignées, comme pendant la guerre de Sept Ans. Le corps du prince Rüchel (30 000 hommes) est placé sur le flanc droit prussien, en renfort. Mais celui-ci trop éloigné et mal commandé, ne peut participer à la bataille.
À six heures du matin, Napoléon donne l'ordre de l'attaque. Les Prussiens, mal réveillés et ébahis, s'attendent à voir déboucher les Français sur leur droite. Ils soutiennent avec succès l'assaut d'Augereau, mais il s'agit d'une opération de diversion. La surprise des Prussiens est totale lorsqu'ils voient surgir du brouillard 30 000 hommes qui prennent leurs flancs. Immédiatement, Lannes bouscule la réserve du général Tauertzien tandis que Soult progresse par la droite et Augereau par la gauche.
Napoléon stabilise le front en alignant ses ailes par rapport à son centre, mais Ney, enthousiaste, continue son avancée et fait charger ses troupes. Il se retrouve vite au milieu des lignes adverses. Hohenlohe contre-attaque avec toute sa cavalerie, soit vingt escadrons. Aidé de l'artillerie, Ney redresse la situation.
Le général prussien Hohenlohe, visionnaire militaire de son temps, sait que ses hommes n'ont pas été entraînés, et que la bataille va sûrement être perdue. Son ami, le général Messembach, le rejoint au moment où la situation devient critique. Vers midi, les lignes prussiennes sont enfoncées. Les Saxons forment les carrés mais la cavalerie française entre en action et les décime. Les débris de l'armée prussienne sont pillonnés par l'artillerie française, au grand complet.
Contrairement à Austerlitz, où Napoléon n'avait pas fait poursuivre par un nombre de soldats conséquents les Russes et les Autrichiens battant en retraite (seule la cavalerie de Murat s'est élancée sur leurs traces, sans intention de détruire ce qui restait de l'armée ennemie), cette fois, il donne l'ordre de s'élancer sur les traces des Prussiens. Murat progresse si vite qu'il saisit à l'entrée de Weimar l'artillerie et les bagages des Prussiens. La reine de Prusse, "âme damnée" de la guerre, s'enfuit par une porte de la ville tandis que les Français entrent par l'autre. Excellente cavalière et surtout plus légère, elle avait, quelques heures plus tôt, déjà réussi à semer les dragons français.
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# Posté le vendredi 25 avril 2008 18:12

La bataille d'Auerstadt

La bataille d'Auerstadt
Cette bataille se deroule en meme temps que celle d'Iéna et est souvent associé a cette bataille.
La bataille d'Auerstaedt opposa l'armée prussienne à l'armée française menée par Louis Nicolas Davout.
L'Empereur mène une campagne visant à atteindre Berlin. Après un engagement à Saalfeld, il poursuit l'armée prussienne. Pensant qu'elle se trouve à Weimar en retraite vers Leipzig, il joue de vitesse pour l'affronter à Iéna. Ses éclaireurs lui apprennent dans la journée du 13 octobre qu'il rejoint l'ennemi. Napoléon Ier pense avoir devant lui le gros de l'armée prussienne.
Dans la nuit du 13 au 14, il envoie Davout en avant pour la prendre à revers. Mais en fait, c'est l'arrière-garde que Napoléon affronte à Iéna, alors que Davout se trouve face à l'avant-garde suivie du gros des troupes ennemies, celles-ci pensant affronter le gros de l'armée française.
Le mouvement tournant des trois divisions de Davout devait passer par Auerstaedt où stationnaient au même moment les trois corps d'armée prussiens. En fin de journée du 13 octobre, Naumbourg est occupée et les Français tiennent le pont de Kösen, les Prussiens se disposent en retrait du village d'Hassenhausen.
En face de Napoléon, Schmettau avait pour mission de disposer ses troupes en écran pour permettre le reflux du gros de l'armée prussienne, il ne cherche donc pas la bataille.
À six heures du matin, dans le brouillard, la division Gudin à l'avant-garde se dirige sur le village d'Hassenhausen. Un premier peloton de cavalerie française traverse le village pour se retrouver face à la cavalerie de Blücher, les Français font quelques prisonniers qui apprennent l'arrivée d'une division.
La cavalerie du général Blücher, qui déjà débordait la droite du maréchal Davout, menaçait de la tourner et de l'envelopper. Davout ordonne au 25e régiment d'infanterie de ligne d'aller tenir le village. Avant d'y arriver ils doivent affronter les troupes avancées de l'ennemi (hussards et artillerie) mais après un court combat occupent le village et en contrôlent les accès
À neuf heures, alors que le brouillard se dissipe la division Gudin est fermement établie autour du village lorsqu'apparait la division prussienne signalée. Voyant les Français, Blücher décide immédiatement d'attaquer, les charges successives de sa cavalerie se brisent sur les carrés des Français et finissent par une débandade.
Au nord une batterie à cheval prend alors position pour canonner la droite des Français, cependant Davout avait ordonné à la division Friant de man½uvrer sur ce côté qui bouscule cette batterie et dans la foulée occupe le village de Spielberg, mais ne parvient à pousser plus loin.
En même temps, le village de Popel était enlevé par le colonel Higonet qui prit aux Prussiens un drapeau et trois pièces de canon. Le maréchal Davout, toujours à la tête de la division Friant qui marchait en colonnes serrées, se porta en avant, laissant Auerstadt sur sa gauche. Le feu des batteries que l'ennemi avait sur ce point n'empêcha pas le général Friant de continuer son mouvement ; il s'appuya à droite pour couper la retraite à l'ennemi.
Les Prussiens font avancer leur deuxième ligne et la division Wartenselen menace de contourner au sud. Depuis quatre heures, la division Gudin luttait contre des forces supérieures, et se trouvait livrée à elle-même par le mouvement de la division Friant. Les Prussiens font reculer les Français qui sont sur le point de céder, dans le village, lorsque la division Morand entre en ligne vers onze heures. Une charge de la cavalerie prussienne est à nouveau décimée. La première brigade de ce corps enleva, à la baïonnette, le village de Hassenhausen.
Le duc de Brunswick, qui commandait personnellement la charge, est blessé grièvement à dix heures, ce qui accentue la défaillance des troupes prussiennes.
A onze heures du matin, le roi de Prusse ordonna une attaque générale ; le prince Henri, son frère, se mit à la tête d'un corps nombreux de cavalerie prussienne, et tomba avec impétuosité sur la division Morand, qui se défendait contre une division d'infanterie prussienne. Le prince Henri ayant été blessé dans une charge, ses troupes se replièrent et vinrent se ranger derrière l'infanterie, et le général Morand, les attaquant à son tour, les dispersa dans la plaine.
Tandis que ces événements se passaient à la gauche de l'armée française, le général Friant lança ses tirailleurs dans la direction des villages de Poppel et de Tauchwitz, qui obligèrent la brigade du prince Henri à se retirer.
Les trois divisions prussiennes engagées ayant été forcées de rétrograder, la droite de la division Morand gagna du terrain. Le général de Billy, à la tête du 61e régiment, s'avança vers la tête du ravin qui conduit à Rehausen.
Les Prussiens firent renforcer leur droite pour arrêter les progrès de l'aile gauche des Français, tandis que quelques compagnies de tirailleurs filaient le long du vallon. Depuis que le duc de Brunswick avait été forcé de quitter le champ de bataille et avait eu un cheval tué sous lui, le roi de Prusse conduisait en personne toutes les attaques.
La gauche des Français étant dégarnie de cavalerie, ce prince voulut tenter d'enfoncer l'infanterie pour tourner ensuite la division Gudin ; mais le maréchal Davout, devinant les intentions du roi de Prusse, envoya le général Morand pour empêcher cette man½uvre. Le maréchal Davout profitant du succès de ses deux ailes, fit avancer le centre de son corps d'armée, et faisant attaquer le village de Tauchwitz par le général Gudin, l'armée prussienne se retira en désordre laissant sur les hauteurs de Hussenhausen la plus grande partie de son artillerie.
Les deux divisions de réserve, commandées par le général Kalkreuth, se mirent alors en ligne. Le prince de Prusse, commandant les grenadiers, et le général Blücher qui avait rallié toute la cavalerie appuyaient le mouvement. Le maréchal Davout se rendit à l'aile droite qui achevait de décider la victoire par un mouvement de conversion, dirigea sa gauche sur le Sonneberg, et envoya sur la gauche des plateaux d'Eckartsberg la division Gudin, qui débouchait des villages de Tauchwilz et de Poppel.
Une des deux divisions de réserve de l'armée prussienne étant presque tournée, prit position vers les quatre heures en avant d'Eckartsberg. Une forte batterie la soutenait. Pendant ce temps, le général Grandeau, en tête de la division Friant, arrivait par la droite sur le plateau avec le IIIe régiment.
A la vue de ce renfort, les Prussiens abandonnèrent précipitamment leur position, la dernière qui leur restât, laissant vingt-deux pièces de canon au pouvoir des Français. L'ennemi fut poursuivi jusqu'à la nuit ; il éprouva une telle panique, que le général Vialannes, le chassant devant lui jusqu'à trois lieues du champ de bataille, ramassa sur son chemin, sans éprouver aucune résistance, un grand nombre de prisonniers, de chevaux et plusieurs drapeaux.
Le roi Frédéric Guillaume III hésite, malgré son avantage numérique, puis fait sonner la retraite vers quatorze heures. Davout le presse de près, et lance la poursuite à dix sept heures, qui provoque la déroute des troupes prussiennes qui se mélangent aux fuyards de la bataille d'Iéna.
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# Posté le vendredi 25 avril 2008 18:19

Consequences d'Iéna

Consequences d'Iéna
Ces défaites jettent les Prussiens dans le désarroi. Ainsi, on vit trois hussards français capturer à eux seuls et sans résistance un escadron ennemi. Il n'y a plus d'armée prussienne. le 17 octobre, Bernadotte écrase le prince de Wurtemberg.
Le 27 octobre 1806, soit moins d'un mois après être entré en campagne, Napoléon entre à Berlin. Le 28, Murat capture le prince de Hohenlohe et toute son armée (16 000 hommes, 6 régiments de cavalerie, 60 canons et autant de drapeaux). Le 7 novembre, Blücher capitule à Lübeck. Enfin, Ney met fin à la chasse à courre, selon l'expression d'un général prussien, s'empare de Magdebourg, et capture 15 000 hommes et un parc d'artillerie de plusieurs centaines de canons, fraîchement livrés par les Britanniques.
L'armistice est signé le 30 novembre. Le sort de la Prusse est décidé le 9 juillet 1807 par le traité de Tilsit. Elle est amputée de la moitié de son territoire et de la majorité de ses places fortes (Magdebourg, Erfurt, Stettin, Graudeuz, Dantzig), la plupart à l'ouest de l'Elbe. Elle perd 5 millions d'habitants et doit payer une indemnité de guerre considérable, soit 120 millions de francs de l'époque.
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# Posté le vendredi 25 avril 2008 18:26

La grande armée en poursuite aprés l'armée russe

Après la conquête de la Prusse en automne 1806, Napoléon entre en Pologne pour affronter l'armée russe, disposée à soutenir les Prussiens jusqu'à leur défaite soudaine. Traversant la Vistule, l'armée française prend Varsovie le 28 novembre.
L'armée russe est commandée par le maréchal Mikhail Fedotovich Kamensky, âgé et presque infirme. La première armée russe d'environ 55 000 à 68 000 hommes, commandée par le comte Levin Bennigsen, attend en arrière de la Vistule le long de la rivière Ukra, afin de s'unir à la deuxième armée, forte d'environ 37 000 hommes, sous le commandement de Buxhowden, qui vient de Russie et est encore à 15 jours de marche de la première armée. Début décembre, réalisant qu'il laisse ainsi aux Français l'occasion de traverser la Vistule, Kamensky avance pour essayer de regagner les rives du fleuve. Les Français traversent la Bug à Modlin le 10 décembre, tandis que les Prussiens commandés par Lestocq échouent à reprendre Toruń. le 11 décembre Bennigsen donne l'ordre de tenir le cour de l'Ukra.
À la nouvelle, Napoléon pense que les Russes sont en train de faire retraite. Il commande à Murat, qui à sous ses ordres le 3e corps de Davout, les 7e d'Augereau, le 5e de Lannes et la 1er corps de cavalerie de réserve, de poursuivre vers Pultusk tandis que 6e corps de cavalerie de Ney, le 1er de Bernadotte et le 2e de réserve de Bessières, contourneront les Russes par la droite et le que le 4e corps de Soult fera le lien entre les deux ailes.
Kamensky commande d'avancer pour soutenir les troupes sur la rivière Ukra. Cela retarde les Français qui éprouvent des difficultés à traverser la rivière, jusqu'à ce que Davout ne trouve, le 22 décembre, le moyen de traverser à la jonction de l'Ukra et de la Bug.
Le 23 décembre après un engagement à Soldau avec le 1er corps de Bernadotte, les Prussiens de Lestocq sont conduits au nord vers Königsberg. Réalisant le danger Kamensky commande la retraite sur Ostrołęka. Bennigsen désobéit et engage le combat le 26 décembre à Pultusk.
Au nord-ouest la plus grande partie de la division du général Golitsyn et la 5e division du général Dokhturov sont arrêtes à Golymin près d'Ostrołęka.
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# Posté le samedi 26 avril 2008 15:45