La bataille de Pultutsk et de Golymin

La bataille de Pultutsk et de Golymin
La bataille de Pultutsk

Bennigsen range ses forces le long de la route de Pultusk à Golymin, sur trois lignes composées respectivement de 21, 18 et 5 bataillons. La gauche se repose sur la ville, la droite sur le bois de Mosin. L'artillerie est placée devant la première ligne. À l'extrême droite, le général Barclay de Tolly occupe une partie du bois de Mosin avec trois bataillons, un régiment de cavalerie et une batterie d'artillerie couvrant la route de Golymin. Le général Bagavout couvre la gauche de la ligne au pont qui enjambe la Narew, il tient une position située devant le ravin avec dix bataillons, deux escadrons des dragons et une batterie d'artillerie. 28 escadrons de cavalerie sont déployés en bordure de l'arête, et la cavalerie cosaque est déployée devant Barclay et Bagavout.
Lannes a ordre de traverser la Narew à Pultusk. Il se croit en sécurité jusqu'à ce qu'il découvre devant lui les forces Russes.

La bataille de Golymin

Au matin du 26 décembre, des éléments de la 4e division de Golitsyn atteignent Golymin. Ils sont trop épuisés pour continuer sur Makow et décident d'attendre les unités de la 3e division de Sacken. Dans le village ils trouvent Dokhturov, qui a envoyé la majeure partie de sa 5e division vers Makow, mais est resté à Golymin avec un régiment d'infanterie et un régiment de dragons. Golitsyn voudrait que ses hommes se repose avant de continuer la retraite.
Le corps de réserve de la cavalerie de Murat et le 7e corps d'Augereau découvre la ville aux premières lueurs du jour. Vers 10 heures, la division de cavalerie de Lasalle arrive la première par le sud-ouest.
Golitsyn a renforcé son arrière-garde, composé de deux escadrons de cavalerie, avec trois escadrons des cuirassiers, et les hommes de Lasalle doivent se réfugier dans les bois. Vers 14 heures les troupes d'Augereau apparaissent à l'est. Golitsyn abandonne son idée de retraite, car ses hommes sont trop épuisés pour avancer. Il envoie un régiment d'infanterie sous la commande du prince Shcherbatov dans les bois autour de Kaleczin et place le reste de sa division devant Golymin, en gardant sa cavalerie et les troupes de Dokhturov en réserve.
Deux divisions d'Augereau avancent, celle de Haudelet venant Ruskow, du côté gauche et celle de Desjardins venant de Wadkow du côté droit. Cette dernière repousse d'abord Shcherbatov, avant de reculer quand il reçoit le renfort d'un bataillon d'infanterie et l'appui des canons Russes. La division de Heudelet progresse peu.
Pendant que commençait l'attaque d'Augereau, Murat est arrivé autour de Garnow avec les divisions de cavalerie de Klein et de Milhaud et la cavalerie légère de Davout. Ils repoussent les Russes dans les bois aux sud de Golymin, mais le terrain ne convenant pas à la cavalerie, ne poursuivent pas plus loin.
Les forces de Golitsyn sont maintenant renforcées par deux régiments de cavalerie des 7e et 8e divisions, qui sont passés après la cavalerie d'Augereau sur la route de Ciechanow. Cependant, la 1re division de Davout commandée par Morand arrive du sud-est. Golitsyn envoie trois bataillons d'infanterie dans les bois et les marais aux sud de Golymin, et deux régiments de cavalerie pour couvrir la route de Pultusk.
À environ 15h30, la première brigade de Morand attaque et repousse les Russes. Davout a vu que ces derniers essayent de se retirer vers Makow. Il envoie la seconde brigade de Morand sur la route de Pultusk. Une unité de dragons menée par le général Rapp charge les Russes, mais tombe sur des fantassins en embuscade dans les marais de chaque côté de la route. Rapp est blessé, les dragons reculent. Après la prise du bois, pour éviter des pertes inutiles, la division du Morand n'a pas avancé davantage.
La nuit est maintenant tombée et les Russes commencent à se retirer. Les hommes de Dokhturov mènent la marche sur Makow. À environ 21 heures, Golitsyn envoie ses canons, sa cavalerie, et son infanterie.
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# Posté le samedi 26 avril 2008 15:47

La bataille d'Eylau

La bataille d'Eylau
Les renforts russes, 50 000 hommes avec Buxhovden et 30 000 de la Garde impériale russe, étant arrivés, Bennigsen dispose alors de 140 000 hommes en Pologne et se résout à passer à l'offensive en attaquant le corps du maréchal Bernadotte, situé au nord du dispositif français et après l'avoir défait, et à s'engager dans les arrières des Français. Cependant Bernadotte réagit promptement en prenant l'offensive à Mohrungen, le 25 janvier 1807, ce qui permet de dégager son corps d'armée, face à des forces deux fois supérieures en nombre.
Napoléon, averti, lui ordonne ainsi qu'à Ney de se replier plus en arrière, pensant attirer Bennigsen, pour le prendre de flanc et l'adosser à la Baltique. Mais la prise d'un courrier français met celui-ci au courant du piège tendu et le pousse à nouveau à la retraite. Napoléon, décide alors de le contraindre à la bataille générale en marchant directement vers Königsberg où il sait que se trouve la majorité des approvisionnements russes. Bennigsen, après deux combats d'arrière-garde à Hof et Heilsberg le 6 février, acculé, choisit le village de Preussisch-Eylau pour tenter de l'arrêter.

Le 7 fevrier la bataille s'engage.

Arrivés vers 14 heures, Soult et Joachim Murat attaquent l'avant-garde russe commandée par Bagration, située à l'ouest sur la route de Lansberg et dans le village même. Les premières attaques menées par les brigades Schiner et Vivies, sur la droite à travers les bois, et les brigades Levasseur et Essards, au centre, à travers le lac gelé, se font sèchement repousser. Mais l'arrivée de la division Leval et du corps d'Augereau qui menacent d'envelopper par la gauche, contraint les Russes à se replier sur le village et en début de soirée, la division Legrand appuyée par celles de Saint-Hilaire et de Leval arrache le village aux Russes lors d'un corps à corps où se distingua la brigade Essards. Bagration, battu, recula sur la gauche des positions qu'occupait son général en chef, sur les hauteurs à l'est du village. Napoléon, arrivé à 23 heures à Eylau, ne dispose que de 46 000 hommes et 300 canons, le corps de Davout, et celui de Ney étant encore respectivement, à 18 km au sud et 30km au nord tandis que celui de Bernadotte est encore plus éloigné. Face à lui, Bennigsen a 80 000 hommes appuyés par 400 pièces ; il décide néanmoins de livrer bataille le lendemain pour éviter une nouvelle dérobade russe.
Dès sept heures, l'artillerie russe, répartie en trois grandes batteries, pilonne les positions de Soult et le village. Rapidement, l'artillerie française répond, provoquant un gigantesque duel que les troupes des deux camps qui n'ont pas mangé et ont dormi sans feu, subissent pendant deux heures. À neuf heures, Davout arrive, et attaque immédiatement par le sud, mais son infériorité numérique, malgré les succès initiaux, le met en difficulté ; l'Empereur, pousse donc le corps d'Augereau et la division de Saint-Hilaire, pour l'appuyer. Mais, aveuglées par la neige, les colonnes de ceux-ci se présentent de flanc contre la batterie centrale russe et se font décimer ; les généraux de division Desjardins et Heudelet sont tués et le maréchal d'Augerau est blessé. Le 14e régiment d'infanterie, encerclé, est anéanti, sous les yeux-mêmes de Napoléon (qui ordonne à Augereau de tenter une opération de sauvetage, ce qui donnera lieu à un passage fameux dans les Mémoires du Général Marbot avec sa jument Lisette), par la contre-attaque générale lancée avec la garde impériale russe, la cavalerie et la division du général Somov qui vise à couper les Français en deux au niveau du village en profitant de la brèche créé. Napoléon, alors dans le cimetière d'Eylau, ne recule pas et fait donner la Garde. Électrisés par la présence de leur Empereur, les grenadiers de Dorsenne et les chasseurs à cheval de Dahlmann, stoppent net la colonne russe de grenadiers qui vise le cimetière dans un titanesque corps à corps à l'arme blanche et c'est l'une des rares batailles où l'infanterie de la Garde impériale intervient. Il provoque ensuite Murat : « Nous laisseras-tu dévorer par ces gens-là ? », qui enlève une énorme charge de toute la cavalerie disponible, 12 000 hommes, la plus grande charge de tous les temps. Celle-ci sabre, à l'aller et au retour, les deux divisions que Bennigsen avait engagées dans l'exploitation de l'anéantissement des troupes d'Augerau, rétablissant la situation.
Le combat reste indécis toute l'après-midi, malgré l'apparition du Prussien Lestocq et de ses 10 000 hommes attaquant la droite de Davout, qui est contre-balancée par l'arrivée de Ney et de ses 8 000 hommes. La nuit tombée, Bennigsen, à court de munitions, sans réserves et contre l'avis de Knorring, Osterman et Lestocq, décide de se replier vers Königsberg.
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# Posté le samedi 26 avril 2008 16:03

Les consequences de Eylau

Napoléon, très affecté par les pertes subies, contrairement à son habitude, restera huit jours sur le champ de bataille pour activer le secours aux blessés. De plus, elle n'est pas décisive car Bennigsen, quoique très entamé, s'est retiré en bon ordre et n'a pas été réellement poursuivi du fait de l'état d'épuisement de l'armée française. Il faudra une autre grande bataille pour contraindre les Russes à la paix, décisive celle-là, ce sera Friedland.
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# Posté le samedi 26 avril 2008 16:07

La bataille de Heilsberg et Friedland

La bataille de Heilsberg et Friedland
Le 26 mai, la Grande Armée marche sur Königsberg (aujourd'hui Kaliningrad) que Bennigsen va tout faire pour garder. En effet, cette ville abrite de nombreux dépôts et magasins, indispensables au ravitaillement de son armée mais elle accueille aussi le roi et la reine de Prusse, en exil depuis que Napoléon a investi Berlin, capitale de la Prusse. Les Russes franchissent l'Alle à Friedland (actuelle Pravdinsk) pour éviter la man½uvre de Napoléon.
Le 10 juin 1807 eut lieu la bataille d'Heilsberg qui permit la confrontation à Friedland.

La bataille de Heilsberg

Napoléon va tout d'abord choisir de laisser les Russes, commandés par Benningsen attaquer à l'ouest, préférant franchir le Passarge et foncer vers Heilsberg afin d'empêcher la jonction des armées russe et prussiennes. Forts de seulement 50 000 hommes, alors que les Russes étaient 90 000, retranchés autour de Heilsberg, Soult et Murat se lancent à l'attaque, le 10 juin. Les pertes sont lourdes (plus de 10 000 hommes) mais, grace au soutien de Lannes, ils parviennent à déborder la droite de Bennigsen} qui ordonne l'abandon du camp retranché et le repli sur Friedland où se livre, le 14 juin, la bataille décisive.

La bataille de Friedland

Les forces françaises progressant à marche forcée présentent un dispositif assez étiré : ils n'ont que 25 000 hommes à opposer aux 56 000 Russes aux premières heures du jour. À la fin du combat, les Français réussissent à engager 55 000 hommes.
Bennigsen dispose d'une énorme supériorité numérique : 84 000 hommes, mais ses erreurs stratégiques annulent cet immense avantage.
Les conditions de la bataille sont bien différentes de l'affrontement d'Eylau : pas de tempêtes de neige, mais la lourde chaleur d'un été précoce.
Vers 4 heures du matin (soit au lever du jour), Lannes ("le Roland de l'armée d'Italie") renforcé par les 10 000 dragons de Grouchy, engage le combat et jette le trouble dans les colonnes russes qui passent le pont de l'Alle. Bennigsen, qui ne peut penser que l'armée française a parcouru en douze heures le trajet qu'il a mis trois fois plus de temps à couvrir, réagit mollement à ce qu'il pense être une simple escarmouche.
Vers 7 heures, Lannes, appuyé par le 8e corps de Mortier, dispose de 20 000 hommes tandis que Bennigsen, apprenant que l'ennemi gagne en puissance, fait passer ses 50 000 hommes sur la rive gauche. Ceux-ci arrivant sur une plaine en forme de goulet vont combattre dos au fleuve, leur interdisant de battre en retraite en bon ordre.
Napoléon, de son côté, arrive d'Eylau avec la Garde impériale à pied et le 1er corps de Victor vers 12 heures 30, le reste de la Grande Armée suivant à moins de deux heures.
L'empereur, souriant et détendu, monte sur une hauteur d'où il peut embrasser tout le champ de bataille. Son état-major l'entoure. Comme il est déjà tard, certains de ses lieutenants proposent de remettre l'action au lendemain. « Non, non, on ne surprend pas deux fois l'ennemi en pareille faute » répond le "petit Caporal" , et il prépare l'attaque générale.
En début d'après-midi, les deux armées sont rangées face à face, prêtes à livrer bataille. Acculés à la rivière Alle et massés devant Friedland, les Russes forment un demi-cercle dont la Grande Armée occupe la circonférence. C'est une des man½uvres préférées de l'Empereur : briser le centre pour battre séparément les deux ailes. La ville prise, les ponts détruits pour couper la retraite de l'ennemi et il n'aura plus qu'à culbuter les Russes à la rivière.
L'attaque commence plus tard, vers 17 heures. Napoléon saisit le bras du maréchal Ney et en désignant le village de Friedland, il lui dit :
« Voilà votre but, marchez sans regarder autour de vous, pénétrez dans cette masse épaisse quoi qu'il puisse vous en coûter, entrez dans Friedland, prenez les ponts et ne vous inquiétez pas de ce qui pourra se passer à droite, à gauche ou à l'arrière. L'armée et moi sommes là pour y veiller. »
Ney part aussitôt au galop pour organiser son attaque. Ses forces avancent en direction de Friedland sous le feu de l'infanterie et des 100 canons ennemis, vomissant des milliers de boulets et de boîtes à mitraille. Le maréchal ordonne la marche en avant, l'arme au bras.
La fumée, provoquée par des milliers de fusils et de centaines de canons, couvre et masque les masses de l'adversaire. Si bien que la 3e division oblique trop à droite. Ney ordonne à un colonel de l'appuyer à gauche. Mais pendant qu'il lui parle ce dernier se fait enlever par un boulet. Un commandant met aussitôt son chapeau au bout de son épée en criant : « Vive l'Empereur ! En avant ! » Un second coup arrive et le commandant tombe sur les genoux, les deux jambes coupées. Un capitaine succède et fait exécuter le même mouvement. Soudain, le maréchal Ney arrive en personne et encourage ses hommes à grands coups de « Foutres noms de Dieu ». La marche vers la ville reprend, l'ennemi est refoulé malgré l'intervention de la Garde Impériale russe. « Cet homme, c'est un lion » s'écrie avec admiration Napoléon à Mortier.
Le résultat semble incertain, mais la vaillance des dragons du général Latour-Maubourg permet à Ney de se dégager. De plus pour appuyer l'action du maréchal, Napoléon met à la disposition du général Sénarmont 36 pièces d'artilleries. Celui-ci réalise un exploit : tirant 2 800 boulets à 120 mètres des troupes en progression, ignorant leur feu, l'artillerie française décime à bout portant les carrés russes et fait rebrousser chemin à une charge de cavalerie. Il donne la victoire, une victoire éclatante et totale aux Français. En effet, Ney repart à l'assaut puis s'empare de Friedland et détruit les ponts.
Le flanc droit russe est culbuté dans la rivière par une dernière charge à la baïonnette des troupes de Lannes et Mortier.
La victoire est totale vers 22 heures 30.


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# Posté le samedi 26 avril 2008 16:30

Les consequences de la campagne de Pologne

Les pertes françaises s'élèvent à 1 645 tués et 8 000 blessés.
Les pertes russes sont énormes : 12 000 morts ou blessés, 80 canons, 70 drapeaux, 10 000 prisonniers, car dans les deux jours suivant la bataille, les soldats russes, exténués, se couchaient dans les champs et se laissaient prendre.
Les généraux russes supplient le tsar de solliciter un armistice : les émissaires qu'il envoie à Napoléon, le 16 juin, sont bien accueillis. Le même jour, Königsberg tombe aux mains des Français et, trois jours plus tard, la Grande Armée atteint la rive du Niémen, mais l'Empereur ne se sent pas les moyens de poursuivre l'ennemi au-delà de ce fleuve. Il craint surtout de voir l'Autriche rejoindre la coalition et attaquer la Grande Armée si loin de ses bases.
De son côté, Alexandre redoute une révolte de paysans en Ukraine et une offensive des Turcs ottomans sur le Danube.
Le 25, le Tsar rencontre l'Empereur de tous les Français sur un radeau placé au milieu du Niémen, « la nouvelle frontière du monde » s'exclame Napoléon.
Alexandre aurait abordé Napoléon en disant « Sire, je hais autant les Anglais que vous » et Napoléon de répliquer : « En ce cas la paix est faite ».
Le 7 juillet, les deux chefs d'état signent, à Tilsit, le traité du même nom. La Russie devient alliée de la France, elle abandonne ses territoires en Méditerranée, les îles Ioniennes en particulier et elle adhère au Blocus continental. Ce traité comporte aussi des articles secrets, comme le dépècement de l'Empire ottoman.
Le traité est catastrophique pour le Royaume de Prusse : elle perd l'ensemble de ses territoires à l'ouest de l'Elbe qui formeront le futur royaume de Westphalie, avec à sa tête le frère de l'Empereur, Jérôme. De plus, il doit également cèder ses possessions en Pologne afin de constituer le grand duché de Varsovie et elle doit verser une lourde indemnité de guerre.
Jamais, sans doute, l'Empereur n'a atteint un tel degré de puissance.
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# Posté le samedi 26 avril 2008 16:35